GAZETTE DES ARCHIVES : LA SPLENDEUR DES COMMANDES OFFICIELLES

News24/03/2017

 I-ZOOM SUR ….

La splendeur des commandes officielles de la Royauté à la République

Dès la fin du Moyen-Age, le confort matériel du roi est assuré par l’Intendance Royale qui gère l’entretien, la fabrication, l’attribution des meubles et objets de  la Couronne. Bien que les vicissitudes de l’histoire fassent évoluer son nom, cette institution garde ses missions d’origine, à savoir la gestion du mobilier et des objets d’art destinés à l’ornement des résidences officielles.

Du Garde-Meuble Royal au Mobilier National

Dès le 13e siècle, les services de l’Intendance Royale, comprenait un service chargé de pourvoir en meubles et en tapisseries le roi et la cour encore itinérante à l’époque. Il tenait l’inventaire des meubles mais aussi des objets de la Couronne, en assurait le transport d’une résidence royale à l’autre, et s’occupait de leur entretien et d’en fabriquer des nouveaux.

AProjet de tapis Braquenié d’après un modèle de Pierre-Josse Perrot, tissé à la savonnerie, vers 1740.

Le modèle de ce tapis est décrit à trois reprises dans le journal du Garde-Meuble de la Couronne et pour la première fois en 1735, sous le numéro 318, pour servir sous la table de la salle à manger du Roy dans le salon du château de la Muette.

 

Le Garde-Meuble Royal se développe au 16e et 17e siècles pour devenir prestigieux sous le règne de Louis XIV. En 1663, Colbert réorganise cette administration qui prend le nom de « Garde-Meuble de la Couronne ». Désormais, elle assure en plus la célébration et la glorification du Roi. Cela se traduit par l’accroissement du nombre de pièces réalisées, ainsi que de leur valeur. Cette administration a toujours privilégié excellence et savoir-faire afin d’offrir au monde une image glorieuse de la France.

2Garde-Meuble Royal, hôtel de la Marine, fin 18e siècle, coll. privée

Le garde-meuble connaît plusieurs adresses avant de s’installer à l’hôtel de la Marine, place de la Concorde à Paris en 1772. En 1777, ce lieu est ouvert à la visite tous les premiers mardis de chaque mois de Pâques à la Toussaint, devenant ainsi le premier musée public d’arts décoratifs à Paris.

En 1792, la Convention décrète l’inventaire et la vente du mobilier des  anciennes Maisons Royales. Certains meubles échappent à la vente pour être utilisés par les nouvelles instances politiques. L’administration est supprimée en juin 1797. Elle renaît en 1802 sous le nom de Garde-Meuble des Consuls avant de devenir en 1804 le Mobilier Impérial et de retrouver sa splendeur avec la vaste politique de rénovation des palais entreprise par Napoléon Ier. L’administration prend son nom actuel de Mobilier National à la chute du Second Empire en 1870. Aujourd’hui, basée dans le quartier des Gobelins à Paris, elle conserve, répare et entretient environ 80 000 objets mobiliers et textiles (tapisseries, tapis).

Le      fonds       patrimonial       Pierre       Frey      et      les commandes officielles

Par le biais d’acquisitions prestigieuses, la Maison Pierre Frey se trouve dépositaire d’archives évoquant les commandes passées par le Garde-Meuble de la Couronne, puis du Mobilier National à différentes manufactures de tissus et de tapis, notamment Braquenié et Le Manach.

Nous vous proposons de parcourir quatre siècles de commandes officielles, à travers quelques exemples précis. Ces documents emblématiques des siècles passés, racontent à leur façon l’histoire de France.

 

Le meuble d’hiver de la chambre de la Comtesse d’Artois au château de Versailles.

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Ce très beau lampas, composé de fils soie et chenille, fut tissé par Jean Charton et fils vers 1772 pour la chambre de la comtesse d’Artois au château de Versailles. Le Manach le retisse à partir de 1906 sous la référence 2402.  Le général de Gaulle l’utilisa pour son bureau.

 

Lampas dit « des quatre parties du monde » pour le grand Cabinet de Marie-Antoinette au château de Rambouillet

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Ce lampas et ses retissages eurent plusieurs destinations : le cabinet du roi à Compègne en 1786, le Grand Trianon en 1964 et les résidences présidentielles à partir de 1970. Le Manach tisse ce lampas sous la référence n°1892 dès 1898.Ce motif,dessiné par Joseph Gaspard Picard pour la grande fabrique à Lyon, est une représentation symbolique des quatre continents tels qu’on se les imagine au 18e siècle. L’Asie est représentée par un homme montant un dromadaire, l’Afrique par une chasse au lion, l’Europe par Minerve coiffée d’un casque, l’Amérique par un indien. Ces motifs sont à rapprocher de la toile Les quatre parties du monde, imprimée à la plaque de cuivre à Jouy-en-Josas vers 1792. Les motifs sont empruntés à l’œuvre de Cesare Ripa, érudit du 16e siècle.

 

Réplique fidèle du meuble d’été de la chambre de Louis XVI à Versailles

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Conservé au Garde-meuble, ce lampas fut utilisé dans le grand cabinet de Napoléon aux Tuileries et retissé pour la restitution de la chambre de Louis XVI à Versailles.

Cette étoffe somptueuse fut tissée par la « manufacture des Trois Tours, ancien nom de Le Manach », pour être présentée à l’Exposition Universelle de Saint-Louis du Missouri en  1904, à l’issue de laquelle le rapport du Jury la classe au « premier rang des fabricants de soieries pour ameublement ».

 

Lampas pour la chambre de Joséphine au palais de Saint-Cloud. en 1802

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8Musée de Compiègne

Livré en 1806, ce lampas ne fut pas utilisé à Saint-Cloud comme le prévoyait la commande passée à Pernon. Lors du réaménagement de ses appartements aux Tuileries en 1808, l’Impératrice refuse de l’utiliser, ne le trouvant plus à son goût,. Il est alors  installé au château de Compiègne dans l’ancienne chambre à coucher de Marie- Antoinette, devenue celle de Joséphine avant d’être affectée au roi de Rome en 1811. Le Manach retisse cette étoffe à partir de 1980 sous la référence 4194.

Lampas pour le salon de l’Impératrice Marie-Louise à Versailles, 1811

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Ce lampas à grecques et hortensias fut livré en 1811 par Chuard et Cie au Garde-Meuble Impérial. Le Manach l’édite à partir de 1912 sous la référence 2924  et 2925 pour la bordure.

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Musée   chinois   de   l’Impératrice   Eugénie   –   Château   de Fontainebleau

 11 Château de Fontainebleau

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Le musée Chinois aménagé sur ordre d’Eugénie en 1863 possède des collections extrême-orientales rassemblées par l’Impératrice. Celles-ci proviennent à la fois du garde-meuble impérial, d’acquisitions effectuées par Napoléon III et Eugénie, du sac du Palais d’Été de Pékin par le corps expéditionnaire franco-britannique en 1860, auxquels s’ajoutent les cadeaux diplomatiques de l’ambassade de Siam, reçue à Fontainebleau en 1861. Le Manach a réédité trois étoffes pour cette pièce : un lampas fond satin à rosaces vertes pour les divans, un lampas motifs de petits « nuages » noirs sur fond ponceau ainsi qu’un damas à motif de nuages et phénix pour le plafond.

 

Wagon de l’Empereur

Lorsque le chemin de fer se développe en France sous le Second Empire, les lignes ferroviaires sont concédées à six grandes compagnies : Compagnie de Paris-Lyon-Méditerrannée, Compagnie d’Orléans, Compagnie du Midi, Compagnie du Nord, Compagnie de l’Est, compagnie de l’Ouest. Chacune d’entre elles met à la disposition de l’Empereur un train. Le premier train impérial est livré par la compagnie du Nord en 1855, le second en 1856 par la compagnie Paris-Orléans, le troisième en 1857 par la compagnie de l’Est. La maquette du wagon que nous avons la chance de conserver semble être une commande de la Compagnie de Paris-Lyon-Méditerrannée.

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En 1868, le décor de ce wagon a été commandé par Braquenié par l’intermédiaire du célèbre tapissier Ternisien qui avait travaillé sur le décor du second train livré.

Des rideaux en tapisserie, une courtepointe, des métrages de taffetas et un tapis dans un esprit Premier Empire constituent le décor de la chambre de l’Empereur. Le tapis dessiné pour Napoléon III est une adaptation d’un  tapis d’époque Empire, aujourd’hui conservé au Vatican que Napoléon offrit au pape Pie VII en 1804 pour le remercier de sa venue au moment de son sacre. A ce jour, nous n’avons pas encore retrouvé  trace de ce wagon dans les collections publiques.

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Aujourd’hui, Pierre Frey est fier de poursuivre l’action de ses illustres prédécesseurs, en tissant textiles et tapis pour la République. En voici deux exemples :

Le Palais de l’Elysée

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La Maison Pierre Frey a été consultée par le Mobilier National afin de tisser une moquette-sur-mesure pour la salle des fêtes, salle des réceptions officielles. Ce dessin d’après Jacques- Louis de la Haymade de Saint-Ange a été choisi parmi la collection d’archives Braquenié.

 

L’ambassade de France à Pékin

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Pour ce tapis, le choix du Ministère des affaires Étrangères s’est porté sur une soie peinte en Chine au 18e siècle conservée dans les archives de la maison. Il a été totalement recomposé afin de répondre aux spécificités du tapis.

Tous les documents reproduits sont issus d’archives sauf mentions contraires. 

II- Agenda des expositions 

En France

Paris

Centre Pompidou, Cy twombly, jusqu’au 24 avril

Musée Bourdelle, Balenciage, l’œuvre en noir, du 8 mars au 16 Juillet

Musée Cognac-Jay, Jean-Baptiste Huet, le plaisir de la nature, jusqu’au 5 juin Musée de l’Armée, Napoléon à Sainte-Hélène, jusqu’au 24 juillet

Musée des Arts décoratifs, Tenue correcte exigée, jusqu’au 23 avril Musée du quai Branly, l’Afrique des routes, jusqu’au 12 novembre Musée Guimet, Kimono, au bonheur des dames, jusqu’au 22 mai Province

Angers, Musée Jean Lurçat, Peter Briggs, brouillon général, jusqu’au 26 mars

Clermont-Ferrand, musée Bargoin, Verdures, du tissage aux pixels, jusqu’au 21 mai.

Moulins, CNCS, Déshabillez-moi, jusqu’au 3 mars

Mulhouse – MISE, Formes et couleurs dans les tissus imprimés du 18e siècle à nos jours, jusqu’au 1er octobre 2017

 

A l’Etranger

Belgique – Bruxelles, Just married, une histoire du mariage, jusqu’au 17 avril

Canada – Toronto, Textile museum of Canada, Kind words can never die, a personal collection of Victorian needlework, jusqu’au 25 juin

Pays-Bas – Tilburg, Textielmuseum, Ornamental Patterns, Amsterdam School Mohair Velvets, du 25 mars 2017 au 4 mars 2018

Russie – Saint-Petersbourg, Hermitage museum, From the dinner-service Storerooms, jusqu’au 20 mars

UK – Londres, V&A museum, Lockwood Kipling : arts and crafts in the Punjab and London, jusqu’au 2 avril

London, The fashion and textile museum, Josef Frank, jusqu’au 7 mai

USA – New-York, Cooper Hewitt museum, Passion for the exotic, jusqu’au 26 mars

USA – New-York, Metropolitan museum, Native american masterpieces, jusqu’au 19 mars

USA – Washington, Textile museum, Your next President…!, jusqu’au 9 avril

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GAZETTE DES ARCHIVES – TENDANCE VEGETALE



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Une tenue de plage J. CREW signée Pierre Frey



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