GAZETTE DES ARCHIVES – TENDANCE VEGETALE

Savoir-faire16/06/2017

 I-ZOOM SUR ….

Depuis quelques mois, la tendance végétale fait une percée dans le design, la décoration. Ce constat est corroboré par le choix de Pantone d’élire comme couleur de l’année 2017 un vert-jaune nommé greenery. A noter  également   que   le   Grand   palais,   à   Paris,   organise   une   exposition   intitulée « Jardins ». Dès lors, on peut s’interroger sur les raisons de cette frénésie.

Dans nos sociétés modernes, urbaines, les individus éprouvent le besoin de s’oxygéner, de se reconnecter avec la nature. Faute de transplanter la ville à la campagne, celle-ci s’invite dans les intérieurs. La maison devient un microcosme où l’harmonie avec la nature est rétablie. Dans ce contexte, les objets (décorations, textiles, mobiliers, etc..) deviennent les vecteurs de cette tendance qui s’exprime de différentes façons.

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Chaise Chuun,Christian Vivanco

Tout  d’abord,  on  observe  une  renaissance  des  motifs  floraux et végétaux. Ensuite, ce retour à la nature s’accompagne inconsciemment d’une quête d’authenticité qui passe par l’utilisation de matériaux naturels, bruts. Le coton, le lin, le chanvre sont sublimés par une recherche de texture, de luxe, toute en simplicité. La collection Natecru de Pierre Frey, sortie en Janvier 2017 correspond à cet état d’esprit.

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Favela chair, frères Campana

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Fallen tree, Benjamin Graindorge

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chaise végétal,frères Bouroulec

Tout  d’abord,  on  observe  une  renaissance  des  motifs  floraux et végétaux. Ensuite, ce retour à la nature s’accompagne inconsciemment d’une quête d’authenticité qui passe par l’utilisation de matériaux naturels, bruts. Le coton, le lin, le chanvre sont sublimés par une recherche de texture, de luxe, toute en simplicité. La collection Natecru de Pierre Frey, sortie en Janvier 2017 correspond à cet état d’esprit.

5Miroir, Bleu nature

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Cette quête du naturel revient régulièrement comme une lame de fond dans les arts décoratifs à travers l’histoire. Elle véhicule des valeurs de liberté, d’harmonie et d’équilibre. A chaque fois, elle constitue la réponse à un environnement artistique ou sociétal  structuré, voir contraignant.

Remontons le temps et découvrons ensemble les plus belles pages « naturelles » de notre histoire. Dès l’Antiquité, la nature a été une source d’inspiration pour les artistes, comme le démontrent les peintures et les mosaïques des Domus aux scènes composées d’éléments floraux et animaliers. Ce thème illustre aussi les enluminures des manuscrits du Moyen- Age. Poussin, au 17e siècle, place ses scènes antiques au cœur d’une nature idéalisée. Le terme de « naturalisme » apparaît au 19e siècle pour définir un courant pictural qui prend pour modèle la nature dans sa réalité. De ce fait, ces créations sont parfois crues et teintées d’un réalisme social, comme les œuvres de Courbet. Qu’elle soit le cadre d’une action ou le sujet même d’une œuvre, qu’elle soit figurée ou abstraite comme dans les œuvres de Joan Mitchell, la présence de la nature est presque toujours palpable.

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Joan Mitchell, La grande vallée, 1983, coll. Part.

D’un point de vue des textiles, cette récurrence est également prégnante. Elle répond à chaque fois à un contexte politique, artistique ou philosophique particulier. Prenons le temps d’en analyser quelques-uns.

 

Les tapis persans du 17e siècle

De nombreux historiens partagent l’hypothèse que le tapis aurait été inventé pour reproduire l’épaisseur d’une toison animale, ce qui constitue en soi un premier emprunt à la nature. Dans la civilisation arabo-musulmane, cet art se développe en suivant différentes orientations iconographiques. Sous le règne d’Abbas Ier (1588-1629), en Perse, le décor des tapis est composé  d’un treillis de fleurs fantastiques épanouies. Directement connecté à la notion de paradis qui renvoie couramment à une image de jardin, ce genre de production prend le nom de tapis « vase » en raison de la présence de cet élément décoratif. Le tapis devient le symbole de la vie renouvelée.

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Projets de tapis gouachés et moquette, Braquenié, 19e siècle

 

Les soieries naturalistes du 18e siècle

La mort de Louis XIV en 1715 marque la fin d’un style ostentatoire qui célébrait sa personne et son pouvoir de façon hiératique : symétrie, motif surdimensionné et éléments stylisés. Les soieries naturalistes, apparues vers 1720, prennent le contrepied de ces créations. Ces étoffes présentent de grosses fleurs sur  de fines tiges. Les végétaux et les fleurs sont difficilement identifiables mais ils sont  traités de manière tellement naturelle que le spectateur établie une corrélation immédiate entre ces motifs et les modèles issus de la nature. Revel, surnommé le « Raphaël de la  soie », dont le nom reste associé à ce courant, l’a porté à son firmament. Il renouvelle le répertoire floral dans des créations  baroques où les bouquets de fleurs démesurées virevoltent. Il invente également un point de tissage appelé point berclé qui permet une transition plus subtile dans les dégradés et de ce fait, un effet de relief naturel saisissant.

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Lampas Le Manach, 19e siècle et lampas brochés, 18e siècle, France

 

Les toiles de Jouy

Historiquement, les toiles de Jouy étaient imprimées à la manufacture Oberkampf à Jouy-en-Josas. Par glissement sémantique, ce terme est devenu aujourd’hui un terme générique qui  détermine toutes les toiles imprimées en camaïeux quelle que soit leur origine. Elles présentent généralement des scènes bucoliques, appelées pastorales, où animaux et humains vivent en complète harmonie dans une nature clémente. Au-delà de leur  caractère charmant, elles sont l’expression picturale d’un courant philosophique mené par Rousseau qui prône un retour à la nature. Pour lui, l’Homme est un être naturellement bon dépourvu de perversité dont les vices apparaissent au fur et à mesure de son évolution. Ces toiles, dont les plus fameux exemplaires sont dessinés par Jean-Baptiste Huet, exaltent ce sentiment d’harmonie retrouvée. Le hameau de la reine Marie-Antoinette, construit par Robert Mique entre 1783 et 1786, à Versailles, en est un des témoignages les plus emblématiques.

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Les occupations de la ferme, vers 1792 et L’escarpolette, vers 1785, toiles de coton imprimées à la plaque de cuivre, Manufacture Oberkampf, Jouy-en-Josas

Étoffes et tapis sous le Second Empire

A cette époque, la nature exubérante fait un retour en force en réaction aux motifs géométriques et stylisés de la première moitié du 19e siècle. De plus, les robes à crinoline se parent de bouquets opulents polychromes qui contrebalancent l’austérité des vêtements masculins de l’époque, généralement noirs. A Paris, le baron Haussmann crée des avenues,  des parcs en vue de diminuer l’insalubrité et améliorer la qualité de l’air. Dans les hôtels particuliers, une nouvelle pièce fait son apparition : le jardin d’hiver. La nature entre dans la maison. Moquettes et tapis empruntent largement au répertoire végétal.

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Textile imprimé et projet de tapis, 2e mi 19e siècle, France

 

Les années 40

Au salon des artistes décorateurs de 1936, l’Art Déco géométrique, un tantinet rigide, cède la place à un courant naturaliste dont les architectes aux réalisations largement ouvertes sur les jardins sont les précurseurs. Les stylistes s’inspirent de la nature environnante. La fleur, très présente dans les tissus, est déclinée sous toutes les formes : en bouton, éclose, en tige, coupée, naturelle, stylisée. Cette variété de traitement permet aux décorateurs de placer ces motifs dans des intérieurs aux styles décoratifs très variés. Après  la guerre, les artistes ont à cœur d’exprimer une légèreté, une gaité retrouvée par le biais d’une nature colorée.

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Gouaches pour tissus, Jean-Denis Malclès et Geneviève Prou, vers 1940

Tous ces exemples tendent à démontrer la nécessité de la nature qui apparaît comme un refuge réconfortant et comme un espace de liberté absolue. Sa récurrence n’est donc pas surprenante.

Chaque période a vu s’épanouir un traitement particulier des motifs végétaux. Il est donc très facile de dater une étoffe fleurie. Cela montre ainsi à quel point le textile est fortement connecté à la société qui le crée. Un tissu donne immédiatement des informations intelligibles à l’historien qui ne saurait négliger cette source de connaissance. Il est le témoin privilégié des bouleversements sociétaux et apparaît, de ce fait, comme une richesse à sauvegarder.


 I- AGENDA DES EXPOSITIONS….

 

En France

Paris

Grand Palais, Jardins, jusqu’au 24 juillet

Grille du jardin du Luxembourg, Jardins extraordinaires, jusqu’au 23 juillet Manufacture des Gobelins, Sièges en société, jusqu’au 24 septembre Musée d’art moderne, Medusa, bijoux et taboux, jusqu’au 5 novembre

Musée des arts décoratifs, Christian Dior, le couturier des rêves, à partir du 5 juillet Musée Bourdelle, L’œuvre au noir, jusqu’au 16 juillet

Musée de la vie romantique, Pierre Joseph Redouté, le pouvoir des fleurs, jusqu’au 1er octobre

Musée du quai Branly, Picasso primitif, jusqu’au 23 juillet

 

En province

Calais, cité de la dentelle, Hubert de Givenchy, 15 juin au 31 décembre 2017

Lyon, musée des tissus de Lyon, le génie de la fabrique, jusqu’au 31 décembre 2017 Metz, Centre Pompidou, Jardin infini, de Giverny à l’Amazonie, jusqu’au 28 août

Mulhouse, MISE, Formes et couleurs dans les tissus imprimés du 18e siècle à nos jours, jusqu’au 1er  octobre 2017

Pau, Musée du château de Pau, Trésors princiers, jusqu’au 9 juillet

Rixheim, musée du papier peint, tour d’horizon, paysage en papiers peints, jusqu’au 31 décembre 2017 et  papiers peints du futur, jusqu’au 31 décembre 2018

Roubaix, La piscine, éloge de la couleur, jusqu’au 11 juin

 

 

A l’étranger

Allemagne, Krefeld, Deutsches Textilmuseum, Stick bilder, jusqu’au 17 septembre Angleterre, V & A museum, Balenciaga, Shaping fashion, jusqu’au 18 février 2018

Belgique

Anvers, MOMU, Margiela, les années Hermès, jusqu’au 28 août

Bruxelles, muséee du costume et de la dentelle, Just married, jusqu’au 3 septembre

 

Italie

Venise, Palazzo Mocenigo, Transformation, Six Swedish artists, jusqu’au 1er Octobre 2017

Prato, musée du textile, Il capriccio e la ragione, Eleganze del settecento europeo, jusqu’au 29 avril  2018

 

Suisse, Abbegg-stiftung, Material Traces – Conserving and Exploring Textiles, jusqu’au 12 Novembre

 

US

New-York, the MET, Rei Kawakubo, comme des garçons, jusqu’au 4 septembre

New-York, Cooper Hewitt museum, The Jazz Age : American style in the 1920s, jusqu’au 20 août Washington, the textile museum, Inspiring Beauty : 50 years of Ebony fashion fair, jusqu’au 24 juillet

Une tenue de plage J. CREW signée Pierre Frey

Savoir-faire14/06/2017

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C’est la seconde fois que la marque de prêt à porter américaine J. Crew emprunte à l’éditeur de tissus d’ameublement Pierre Frey l’un de ses imprimés phares.

Cette fois, c’est sur le dessin orientaliste Alexandrie reproduisant un projet gouaché de la fin du 19ème siècle et en collection depuis 1990 chez l’éditeur de tissus, que J. Crew jette son dévolu pour une collection capsule de maillots de bain, tunique et foulard.

Bien que très ancien, ce dessin aux couleurs douces et aux motifs exotiques luxuriants très en vogue actuellement est une nouvelle preuve que la mode est un éternel recommencement !

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Maillot une pièce, 168 €

Haut de maillot de bain 78.50 €

Bas de maillot de bain 68.50 €

Foulard 82 €

Tunique 109 €

PIERRE FREY S’INVITE CHEZ KALEO

Savoir-faire18/05/2017

Situé à Beyrouth, le restaurant contemporain « Kaleo » lancé par le groupe d’hospitalité libanais Found’d  se refait une beauté grâce aux designers David et Nicolas. Pour l’occasion ce sont les velours Pierre Frey qui ont été choisis pour orner l’espace.

SDIM0725SDIM0760SSDIM0941© Marco Pinarelli

Adresse : Dr. Fawzi Daouk street
24 avenue du Park building
Mina el hosn, Beirut

KIPS BAY DECORATOR SHOW HOUSE – DINEEN ARCHITECTURE

Savoir-faire15/05/2017

A l’occasion du » Kips By Decorator Show House 2017″,  c’est au tour de l’agence « Dinnen Architecture » de décorer son espace sur le thème « des souvenirs des rêves » avec l’utilisation des tissus Matcha et la Rotonde de Pierre Frey.

02DineenKipsBay2017BedroomBedVCrop_258 08DineenKipsBay2017BedroomSwing_87 09DineenKipsBay2017BedroomTableSwingV_194© Peter Rymwid

 

PIERRE FREY AU KIPS BAY DECORATOR SHOW HOUSE 2017 – KEN FULK

Savoir-faire11/05/2017

Pour cette nouvelle édition, le designer Ken Fulk recrée un salon chargé d’histoires. Pour orner ce salon, il utilise le tissu « Panthère » de Boussac, Sari et Viggo de Pierre Frey

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PIERRE FREY AU KIPS BAY DECORATOR SHOW HOUSE 2017 – Billy COTTON

Savoir-faire09/05/2017

Chaque année, le « Kips Bay Decorator Show House » de New-York rassemble de talentueux designers qui transforment de luxueuses maisons de Manhattan en véritable lieux d’expositions.

Pour cette 45e édition, les créations de la Maison Pierre Frey sont mises à l’honneur par certains designers tel que Billy Cotton qui a utilisé « Les éléphants » de Le Manach pour orner sa composition.

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5 BC Kips Bay Show House Reduced Size-3Utilisation du tissu « Les éléphants »  de LeManach par  Pierre Frey.

 

ESCAPADE INDIENNE

Savoir-faire03/04/2017

Un vent de fraîcheur souffle sur la Maison Pierre Frey avec ces imprimés fleuris emprunts de légèreté.

Inspirés de motifs d’Indiennes du 18ème siècle, Bengali, Indhira et Tieling sont imprimés au cadre de manière traditionnelle et artisanale.

Mélangés ensemble ou mixés à foison avec carreaux et rayures multicolores, ils donneront un look hippie chic très rafraîchissant !

B1779001Tissu Bengali de Braquenié par Pierre Frey

 

L4164005Tissu Indhira de LeManach par Pierre Frey

 

1Tissus Tieling de Pierre Frey.

 

125Coussin Tieling de Pierre Frey.

 

 

 

GAZETTE DES ARCHIVES : LA SPLENDEUR DES COMMANDES OFFICIELLES

Savoir-faire24/03/2017

 I-ZOOM SUR ….

La splendeur des commandes officielles de la Royauté à la République

Dès la fin du Moyen-Age, le confort matériel du roi est assuré par l’Intendance Royale qui gère l’entretien, la fabrication, l’attribution des meubles et objets de  la Couronne. Bien que les vicissitudes de l’histoire fassent évoluer son nom, cette institution garde ses missions d’origine, à savoir la gestion du mobilier et des objets d’art destinés à l’ornement des résidences officielles.

Du Garde-Meuble Royal au Mobilier National

Dès le 13e siècle, les services de l’Intendance Royale, comprenait un service chargé de pourvoir en meubles et en tapisseries le roi et la cour encore itinérante à l’époque. Il tenait l’inventaire des meubles mais aussi des objets de la Couronne, en assurait le transport d’une résidence royale à l’autre, et s’occupait de leur entretien et d’en fabriquer des nouveaux.

AProjet de tapis Braquenié d’après un modèle de Pierre-Josse Perrot, tissé à la savonnerie, vers 1740.

Le modèle de ce tapis est décrit à trois reprises dans le journal du Garde-Meuble de la Couronne et pour la première fois en 1735, sous le numéro 318, pour servir sous la table de la salle à manger du Roy dans le salon du château de la Muette.

 

Le Garde-Meuble Royal se développe au 16e et 17e siècles pour devenir prestigieux sous le règne de Louis XIV. En 1663, Colbert réorganise cette administration qui prend le nom de « Garde-Meuble de la Couronne ». Désormais, elle assure en plus la célébration et la glorification du Roi. Cela se traduit par l’accroissement du nombre de pièces réalisées, ainsi que de leur valeur. Cette administration a toujours privilégié excellence et savoir-faire afin d’offrir au monde une image glorieuse de la France.

2Garde-Meuble Royal, hôtel de la Marine, fin 18e siècle, coll. privée

Le garde-meuble connaît plusieurs adresses avant de s’installer à l’hôtel de la Marine, place de la Concorde à Paris en 1772. En 1777, ce lieu est ouvert à la visite tous les premiers mardis de chaque mois de Pâques à la Toussaint, devenant ainsi le premier musée public d’arts décoratifs à Paris.

En 1792, la Convention décrète l’inventaire et la vente du mobilier des  anciennes Maisons Royales. Certains meubles échappent à la vente pour être utilisés par les nouvelles instances politiques. L’administration est supprimée en juin 1797. Elle renaît en 1802 sous le nom de Garde-Meuble des Consuls avant de devenir en 1804 le Mobilier Impérial et de retrouver sa splendeur avec la vaste politique de rénovation des palais entreprise par Napoléon Ier. L’administration prend son nom actuel de Mobilier National à la chute du Second Empire en 1870. Aujourd’hui, basée dans le quartier des Gobelins à Paris, elle conserve, répare et entretient environ 80 000 objets mobiliers et textiles (tapisseries, tapis).

Le      fonds       patrimonial       Pierre       Frey      et      les commandes officielles

Par le biais d’acquisitions prestigieuses, la Maison Pierre Frey se trouve dépositaire d’archives évoquant les commandes passées par le Garde-Meuble de la Couronne, puis du Mobilier National à différentes manufactures de tissus et de tapis, notamment Braquenié et Le Manach.

Nous vous proposons de parcourir quatre siècles de commandes officielles, à travers quelques exemples précis. Ces documents emblématiques des siècles passés, racontent à leur façon l’histoire de France.

 

Le meuble d’hiver de la chambre de la Comtesse d’Artois au château de Versailles.

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Ce très beau lampas, composé de fils soie et chenille, fut tissé par Jean Charton et fils vers 1772 pour la chambre de la comtesse d’Artois au château de Versailles. Le Manach le retisse à partir de 1906 sous la référence 2402.  Le général de Gaulle l’utilisa pour son bureau.

 

Lampas dit « des quatre parties du monde » pour le grand Cabinet de Marie-Antoinette au château de Rambouillet

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Ce lampas et ses retissages eurent plusieurs destinations : le cabinet du roi à Compègne en 1786, le Grand Trianon en 1964 et les résidences présidentielles à partir de 1970. Le Manach tisse ce lampas sous la référence n°1892 dès 1898.Ce motif,dessiné par Joseph Gaspard Picard pour la grande fabrique à Lyon, est une représentation symbolique des quatre continents tels qu’on se les imagine au 18e siècle. L’Asie est représentée par un homme montant un dromadaire, l’Afrique par une chasse au lion, l’Europe par Minerve coiffée d’un casque, l’Amérique par un indien. Ces motifs sont à rapprocher de la toile Les quatre parties du monde, imprimée à la plaque de cuivre à Jouy-en-Josas vers 1792. Les motifs sont empruntés à l’œuvre de Cesare Ripa, érudit du 16e siècle.

 

Réplique fidèle du meuble d’été de la chambre de Louis XVI à Versailles

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Conservé au Garde-meuble, ce lampas fut utilisé dans le grand cabinet de Napoléon aux Tuileries et retissé pour la restitution de la chambre de Louis XVI à Versailles.

Cette étoffe somptueuse fut tissée par la « manufacture des Trois Tours, ancien nom de Le Manach », pour être présentée à l’Exposition Universelle de Saint-Louis du Missouri en  1904, à l’issue de laquelle le rapport du Jury la classe au « premier rang des fabricants de soieries pour ameublement ».

 

Lampas pour la chambre de Joséphine au palais de Saint-Cloud. en 1802

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8Musée de Compiègne

Livré en 1806, ce lampas ne fut pas utilisé à Saint-Cloud comme le prévoyait la commande passée à Pernon. Lors du réaménagement de ses appartements aux Tuileries en 1808, l’Impératrice refuse de l’utiliser, ne le trouvant plus à son goût,. Il est alors  installé au château de Compiègne dans l’ancienne chambre à coucher de Marie- Antoinette, devenue celle de Joséphine avant d’être affectée au roi de Rome en 1811. Le Manach retisse cette étoffe à partir de 1980 sous la référence 4194.

Lampas pour le salon de l’Impératrice Marie-Louise à Versailles, 1811

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Ce lampas à grecques et hortensias fut livré en 1811 par Chuard et Cie au Garde-Meuble Impérial. Le Manach l’édite à partir de 1912 sous la référence 2924  et 2925 pour la bordure.

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Musée   chinois   de   l’Impératrice   Eugénie   –   Château   de Fontainebleau

 11 Château de Fontainebleau

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Le musée Chinois aménagé sur ordre d’Eugénie en 1863 possède des collections extrême-orientales rassemblées par l’Impératrice. Celles-ci proviennent à la fois du garde-meuble impérial, d’acquisitions effectuées par Napoléon III et Eugénie, du sac du Palais d’Été de Pékin par le corps expéditionnaire franco-britannique en 1860, auxquels s’ajoutent les cadeaux diplomatiques de l’ambassade de Siam, reçue à Fontainebleau en 1861. Le Manach a réédité trois étoffes pour cette pièce : un lampas fond satin à rosaces vertes pour les divans, un lampas motifs de petits « nuages » noirs sur fond ponceau ainsi qu’un damas à motif de nuages et phénix pour le plafond.

 

Wagon de l’Empereur

Lorsque le chemin de fer se développe en France sous le Second Empire, les lignes ferroviaires sont concédées à six grandes compagnies : Compagnie de Paris-Lyon-Méditerrannée, Compagnie d’Orléans, Compagnie du Midi, Compagnie du Nord, Compagnie de l’Est, compagnie de l’Ouest. Chacune d’entre elles met à la disposition de l’Empereur un train. Le premier train impérial est livré par la compagnie du Nord en 1855, le second en 1856 par la compagnie Paris-Orléans, le troisième en 1857 par la compagnie de l’Est. La maquette du wagon que nous avons la chance de conserver semble être une commande de la Compagnie de Paris-Lyon-Méditerrannée.

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En 1868, le décor de ce wagon a été commandé par Braquenié par l’intermédiaire du célèbre tapissier Ternisien qui avait travaillé sur le décor du second train livré.

Des rideaux en tapisserie, une courtepointe, des métrages de taffetas et un tapis dans un esprit Premier Empire constituent le décor de la chambre de l’Empereur. Le tapis dessiné pour Napoléon III est une adaptation d’un  tapis d’époque Empire, aujourd’hui conservé au Vatican que Napoléon offrit au pape Pie VII en 1804 pour le remercier de sa venue au moment de son sacre. A ce jour, nous n’avons pas encore retrouvé  trace de ce wagon dans les collections publiques.

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Aujourd’hui, Pierre Frey est fier de poursuivre l’action de ses illustres prédécesseurs, en tissant textiles et tapis pour la République. En voici deux exemples :

Le Palais de l’Elysée

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La Maison Pierre Frey a été consultée par le Mobilier National afin de tisser une moquette-sur-mesure pour la salle des fêtes, salle des réceptions officielles. Ce dessin d’après Jacques- Louis de la Haymade de Saint-Ange a été choisi parmi la collection d’archives Braquenié.

 

L’ambassade de France à Pékin

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Pour ce tapis, le choix du Ministère des affaires Étrangères s’est porté sur une soie peinte en Chine au 18e siècle conservée dans les archives de la maison. Il a été totalement recomposé afin de répondre aux spécificités du tapis.

Tous les documents reproduits sont issus d’archives sauf mentions contraires. 

II- Agenda des expositions 

En France

Paris

Centre Pompidou, Cy twombly, jusqu’au 24 avril

Musée Bourdelle, Balenciage, l’œuvre en noir, du 8 mars au 16 Juillet

Musée Cognac-Jay, Jean-Baptiste Huet, le plaisir de la nature, jusqu’au 5 juin Musée de l’Armée, Napoléon à Sainte-Hélène, jusqu’au 24 juillet

Musée des Arts décoratifs, Tenue correcte exigée, jusqu’au 23 avril Musée du quai Branly, l’Afrique des routes, jusqu’au 12 novembre Musée Guimet, Kimono, au bonheur des dames, jusqu’au 22 mai Province

Angers, Musée Jean Lurçat, Peter Briggs, brouillon général, jusqu’au 26 mars

Clermont-Ferrand, musée Bargoin, Verdures, du tissage aux pixels, jusqu’au 21 mai.

Moulins, CNCS, Déshabillez-moi, jusqu’au 3 mars

Mulhouse – MISE, Formes et couleurs dans les tissus imprimés du 18e siècle à nos jours, jusqu’au 1er octobre 2017

 

A l’Etranger

Belgique – Bruxelles, Just married, une histoire du mariage, jusqu’au 17 avril

Canada – Toronto, Textile museum of Canada, Kind words can never die, a personal collection of Victorian needlework, jusqu’au 25 juin

Pays-Bas – Tilburg, Textielmuseum, Ornamental Patterns, Amsterdam School Mohair Velvets, du 25 mars 2017 au 4 mars 2018

Russie – Saint-Petersbourg, Hermitage museum, From the dinner-service Storerooms, jusqu’au 20 mars

UK – Londres, V&A museum, Lockwood Kipling : arts and crafts in the Punjab and London, jusqu’au 2 avril

London, The fashion and textile museum, Josef Frank, jusqu’au 7 mai

USA – New-York, Cooper Hewitt museum, Passion for the exotic, jusqu’au 26 mars

USA – New-York, Metropolitan museum, Native american masterpieces, jusqu’au 19 mars

USA – Washington, Textile museum, Your next President…!, jusqu’au 9 avril

Bayamo, tissus et tapis outdoor – indoor

Savoir-faire30/01/2017

Sensible à l’évolution des besoins, la Maison Pierre Frey propose depuis une quinzaine d’années une gamme de produits outdoor-indoor. Des tissus faciles d’entretien, aux fibres résistantes aux moisissures, aux couleurs qui ne fanent pas malgré l’exposition prolongée à la lumière, au chlore ou à l’eau salée.

BAYAMO, la nouvelle collection de tissus outdoor-indoor aux teintes douces et pastels, idéale pour recouvrir canapés et fauteuils ou réaliser rideaux et coussins, est composée d’unis, faux-unis, carreaux et tissages multicolores.

Afin de compléter cette gamme, la Maison Pierre Frey développe une première collection de tapis outdoor-indoor sur mesure qui décoreront aussi facilement un salon ou une chambre, le bord d’une piscine ou d’une terrasse.

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BROCHURE MAOMING


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GAZETTE DES ARCHIVES – TENDANCE VEGETALE


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Une tenue de plage J. CREW signée Pierre Frey


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